Faute de soutien de l’Etat, l’AFIJ se voit obligée de mettre un terme à ses activités en faveur de l’emploi des jeunes

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Faute de soutien de la part de l’Etat pour les années à venir, l’AFIJ, Association pour Faciliter l’Insertion professionnelle des Jeunes, créée il y a presque 20 ans, se voit obligée de mettre un terme à ses activités. Le seul acteur national de l’emploi dédié aux jeunes issu de l’enseignement supérieur, diplômés ou non, disparait. Les services gratuits et de proximité, proposés sur le terrain, chaque année, à plus de 55 000 jeunes titulaires d’un bac, d’un bac+2, d’une Licence, d’un Master ou d’un Doctorat, vont disparaître en décembre 2013.

 L’AFIJ un acteur de l’emploi des jeunes depuis 20 ans.

L’association aura accompagné vers l’emploi plus de 800 000 jeunes inscrits en liaison avec plus de 100 000 recruteurs en s’attachant, en particulier aux publics les plus fragiles :

  • jeunes diplômés exposés aux discriminations à l’embauche dont les jeunes en situation de handicap, les jeunes issus de l’immigration, etc.,
  • jeunes en échec universitaire, n’ayant validé aucun diplôme,
  • jeunes en grande difficulté sociale comme les bénéficiaires du RSA, les jeunes résidant dans les quartiers, les anciens boursiers…

Elle a travaillé, dans le cadre de conventions nationale et locales, en réseau avec Pôle Emploi, le réseau des Missions Locales, l’APECITA, des BAIP, des partenaires professionnels comme les MEDEF, les CCI, les CMA, etc.

L’association a construit des actions nouvelles et mené des expérimentations sociales pour répondre à l’évolution des besoins de l’environnement de l’accès au premier emploi depuis 1995. Ces activités variées de l’AFIJ répondent à de réels besoins des étudiants et des jeunes issus de l’enseignement supérieur, diplômés ou non, qui rencontrent des difficultés d’insertion professionnelle, encore plus fréquemment en cette période de crise. La dernière enquête de l’association a en effet démontré que seul 53% des jeunes diplômés se trouvent en emploi un an après l’obtention de leur diplôme dont seulement 37% en CDI.

Durant toutes ces années, l’AFIJ aura su apporter à beaucoup de jeunes un appui efficace et de qualité et un lien social très apprécié dans la période de recherche du premier emploi et de parcours chaotiques très fréquents avant l’entrée dans un emploi stable. La récente pétition lancée par l’AFIJ qui appelait le gouvernement à prendre ses responsabilités et respecter ses engagements en faveur de l’emploi des jeunes a mobilisé près de 10 000 signatures de jeunes, de professionnels, d’acteurs de l’emploi et de personnalités. Elle s’est accompagnée de plus de 4 000 témoignages de soutien qui figurent en ligne sur le site change.org

Un choix dicté par l’attitude du gouvernement

L’association connait depuis décembre 2012 des difficultés financières suite à des baisse successives de subventions de la part de l’Etat (Ministères, collectivités, agences publiques) et des retards de versement (FSE…). Ces difficultés l’ont conduite à s’inscrire dans le cadre d’une procédure de redressement judiciaire pour lui permettre de redéfinir en concertation avec le gouvernement son mode de financement et sa mission en lien avec les politiques publiques. L’AFIJ n’a malheureusement reçu aucune réponse du gouvernement par rapport à ses propositions et se voit aujourd’hui contrainte de mettre un terme à ses activités faute de financements pour assurer sa continuité. L’arrêt du financement de l’association correspond au mouvement général de réduction des dépenses publiques.

 Quel avenir pour l’insertion professionnelle des jeunes issus de l’enseignement supérieur ?

La disparition du seul acteur entièrement dédié à l’emploi des jeunes sortants de l’enseignement supérieur, diplômés ou non, laisse beaucoup de questions sans réponses. Alors que chaque année 450 000 jeunes sortent de l’enseignement supérieur, dont 90 000 sans diplôme (19%), il devient urgent que le gouvernement définisse enfin une orientation pour leur avenir.

 80 salariés spécialistes de l’insertion professionnelle des jeunes perdent ainsi leur emploi.

L’AFIJ fait part de son inquiétude sur l’avenir de ses 80 salariés et souhaite que le gouvernement intervienne pour faciliter leur reclassement au sein du service public de l’emploi. Leur situation actuelle étant liée aux choix du gouvernement.