L’élévation du niveau de recrutement des apprentis provient de la demande des employeurs et de l’évolution des formations

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Le Céreq analyse les évolutions de l’apprentissage depuis 1997. Il vient de publier une étude sur les évolutions qu’ont connues ces contrats de 2008 à 2011. Sur cette période, l’apprentissage a continué à voir son rôle reconnu pour la formation professionnelle des jeunes[1] et a bénéficié de politiques incitatives. Plusieurs tendances marquent les évolutions significatives de l’apprentissage.

Sa progression dans les différents métiers est hétérogène. Dans son périmètre d’origine, l’apprentissage a progressé dans l’ensemble des métiers du bâtiment mais a plutôt régressé dans les métiers de l’alimentation, de l’hôtellerie ou de la mécanique automobile.

On constate une élévation du niveau de recrutement des apprentis pour plusieurs raisons :

  • Les nouveaux métiers préparés en apprentissage recrutent à minima des bacheliers (comptabilité, secrétariat, banque, informatique, etc.).
  • Dans les métiers préparés traditionnellement en apprentissage, les apprentis sont progressivement recrutés plus souvent à un niveau supérieur.
  • Dans l’enseignement supérieur, le secteur tertiaire administratif recrute des apprentis pour préparer un BTS et les licences professionnelles ; un quart des effectifs inscrits en licence professionnelle réalisent leurs cursus en apprentissage.

De nouveaux métiers peuvent être préparés en apprentissage au premier niveau de qualification comme les métiers du travail social, du transport et de la logistique et aussi dans les  services à la collectivité.

Entre 1997 et 2008, l’étude du CEREQ souligne la progression de l’apprentissage mais avec une expansion très variable selon les régions. Les structures de l’offre d’apprentissage par niveau et spécialité de formation sont différentes d’une région à l’autre. Mais une composante régionale propre apparait également[2].

Entre 2008 et 2011,  la progression régulière des effectifs de l’apprentissage s’est interrompue mais l’apprentissage a résisté à la crise à un peu moins de 300 000 entrée en contrat chaque année, mais subit les effets de la rénovation de la voie professionnelle avec la suppression du BEP et la généralisation de l’accès direct au bac professionnel en trois ans.

Source : Bref n°314 – Evolutions de l’apprentissage : entre mutations structurelles et effets régionaux.  Jean-Jacques Arrighi et Valérie Ilardi – Septembre 2013 – en ligne sur le site du Céreq[3]



[1] L’une des motivations des décideurs est de considérer l’apprentissage comme un mode d’accès à la qualification pour des jeunes en décrochage scolaire.

[2] En Ile-de-France ou Rhône-Alpes, le dynamisme propre provient d’une collecte abondante de taxe d’apprentissage due à la présence de nombreux sièges sociaux d’entreprises et d’un engagement stratégique très affirmé des conseils régionaux.

[3] Cette étude est basée sur l’exploitation des données de la base REFLET du Céreq (Regards sur le flux de l’enseignement technologique et professionnel), et de celles de la  BCP (banque centrale de pilotage – MEN DEPP).