L’évaluation de l’expérimentation du RCA JD met en évidence la nécessité d’une offre d’accompagnement ciblé pour les JD

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Le CEREQ publie les résultats de son évaluation d’une expérimentation intitulée : « Revenu Contractualisé d’Autonomie (RCA) », déclinée par l’APEC pour des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur (RCA-JD) sur six sites universitaires urbains[1]. Cette expérimentation a porté sur un dispositif articulant aide financière et accompagnement à la recherche d’emploi. L’évaluation « montre que la déclinaison d’un revenu d’autonomie adapté aux diplômés du supérieur se heurte à la forte spécificité de ces publics, de leurs trajectoires et de leurs ressources ».

Le montant mensuel de l’allocation, garantie sur une année, était de 250 euros, dégressif en fonction des revenus d’activités. L’évaluation laisse entrevoir de réels besoins financiers pour certains jeunes. Mais elle pointe surtout la nécessité de cibler ce type d’aide financière sur les plus précaires ou les jeunes de milieux modestes, et d’adapter son montant aux besoins. « Le dispositif est donc peu concluant sur l’allocation. »

Un constat identique a été fait par l’AFIJ lors de sa participation au contrat d’autonomie sur l’intérêt limité d’une aide financière corrélée à l’accompagnement individuel.

« Le RCA-JD  semble en revanche apporter une valeur ajoutée à travers l’accompagnement renforcé. Il vient ici combler un manque dans l’offre du service public de l’emploi en direction des diplômés du supérieur en difficulté. »

Ce résultat ne peut étonner les acteurs de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés tels que l’AFIJ.

« Du fait des critères d’éligibilité retenus, le RCA-JD a manqué en partie sa cible. Le repérage des jeunes éligibles a été effectué par Pôle emploi et l’Apec. Les quatre critères à réunir (être titulaire d’au moins une licence, être inscrit depuis plus de 6 mois à Pôle emploi, ne pas être indemnisé et avoir moins de 24 ans) expliquent la difficulté à atteindre l’objectif fixé : sur les 500 contrats prévus, seuls 276 ont été signés. Du fait de ces critères restrictifs, de nombreux jeunes n’ont pas eu accès à l’accompagnement : les diplômés achevant leurs études à un âge plus avancé et ceux non-inscrits à Pôle emploi. »

Ce constat vient confirmer les conclusions que présente l’AFIJ depuis plusieurs années sur les défauts de couverture su SPE quant aux publics de sortants de l’enseignement supérieur.

« L’enjeu est de développer une offre d’accompagnement adaptée à ce public, déconnectée de l’allocation financière et donc affranchie de critères trop contraignants. La question est désormais ouverte du ou des opérateurs à qui confier cet accompagnement. ».  Il s’agit effectivement du double problème posé aux décideurs publics : d’une part reconnaitre les problèmes d’insertion professionnelle des jeunes diplômés d’autre part désigner et financer un ou plusieurs acteurs pour répondre ce besoin.

Source : Bref n°313 – Quelle aide à la recherche d’emploi pour les diplômés du supérieur en difficulté. Août 2013. Auteures : Isabelle Borras et Nathalie Bosse, (Centre associé régional du Céreq de Grenoble, CREG, Université Grenoble Alpes)