Les organisations et mutuelles étudiantes lancent un appel au gouvernement pour un plan de soutien à l’AFIJ et à l’emploi des jeunes.

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L’AFIJ connaît depuis plusieurs mois des difficultés financières liées aux baisses successives de ses financements publics, mettant aujourd’hui en cause la pérennité d’une des seules structures entièrement dédiée à l’accompagnement vers l’emploi des jeunes sortants de l’enseignement supérieur.

Aujourd’hui, un rapport présenté par une mission des inspecteurs généraux à la demande du gouvernement ne cherche aucunement des solutions pour pérenniser la structure et permettre aux organisations étudiantes de s’emparer des questions d’emploi des jeunes. Le rapport ne préconise qu’une coupe pure et simple des financements de l’association !

L’ensemble des organisations étudiantes représentatives (UNEF, FAGE, PDE et UNI) et des mutuelles étudiantes (LMDE et EmeVia) demande au gouvernement de rejeter les conclusions de ce rapport en mettant en place en urgence un plan d’aide à l’association et en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes issus de l’enseignement supérieur.

La remise en cause d’une structure d’aide à l’insertion professionnelle des jeunes serait en effet en totale contradiction avec les priorités données par le Président de la République en faveur de l’emploi et en particulier celui des jeunes.

 

L’AFIJ, outil de l’insertion professionnelle des jeunes depuis près de 20 ans

Créée à l’origine à l’initiative du Gouvernement et des organisations étudiantes, l’AFIJ est depuis 1994 un acteur à part entière de la lutte contre le chômage en répondant par des actions ciblées, complètes et innovantes aux difficultés concrètes que rencontrent les jeunes sortants de l’enseignement supérieur, diplômés ou non, durant toute leur période d’insertion professionnelle.

L’AFIJ concentre l’essentiel de son intervention sur les jeunes sortants de l’enseignement supérieur, qu’ils soient diplômés ou non et dont les problématiques sont spécifiques. En particulier :

  •  des jeunes en décrochage universitaire (en échec en premier cycle universitaire) par un suivi spécifique,
  •  des jeunes diplômés généralistes (titulaires d’une licence ou d’un master non professionnel), en amont et pendant toute leur période d’insertion professionnelle.
  • des jeunes diplômés en grande difficulté sociale (jeunes issus des quartiers politiques de la ville, boursiers, etc.), en recherche d’emploi.

Ces trois publics sont connus aujourd’hui pour ne bénéficier de peu, voire d’aucun accompagnement spécifique par les acteurs du service public de l’emploi dont ils sont exclus des publics prioritaires.

L’expérience de l’AFIJ et les études réalisées ont montré que ces profils de jeunes en recherche d’emploi subissent des tensions sur le marché de l’emploi avec un effet amplifié dû à leur statut d’entrant sur le marché, à leurs attentes spécifiques après un cursus universitaire ainsi qu’à leur statut « d’entre deux ».

Les actions de l’AFIJ consistent à travers son réseau et à ses partenariats multiples avec les BAIP dans les universités, les CROUS, les CRIJ, les Missions Locales, Pôle Emploi et d’autres acteurs de l’emploi comme l’APEC et l’APECITA, à :

  • participer à la réorientation professionnelle d’une part des jeunes en rupture de projets,
  • mettre en relation les jeunes et les professionnels, pour favoriser l’égalité des chances,
  • proposer toutes les solutions d’alternance ou d’emploi (secteur marchand, Economie Sociale et Solidaire, fonctions publiques) et de création d’activités,
  • prioriser les métiers en tension : les métiers peu connus ou peu attractifs mais qui embauchent
  • participer à la réussite des mesures publiques en faveur des contrats d’alternance, des emplois francs et tout autre dispositif mis en place.

 

Une précarité économique de l’AFIJ liée aux baisses de financements publics

Créée avec l’appui des pouvoirs publics, l’AFIJ bénéficie depuis son origine de financements publics (Ministères, collectivités, agences et services déconcentrés de l’Etat) pour mener ses actions et développer de nouveaux services. Depuis plusieurs années, l’AFIJ est touchée par la réduction des finances publiques et l’absence d’une vision pluriannuelle sur ses financements.

Suite à différentes rencontres avec le gouvernement en fin d’année 2012, une mission conjointe des inspections générales des Finances, des Affaires sociales et de l’Education nationale a été initiée afin d’émettre des propositions sur le lien entre les activités de l’AFIJ et les objectifs des pouvoirs publics en matière d’emploi des jeunes.

Reconnaissant des difficultés de gestion liées aux difficultés financières, le rapport présenté ne propose aucune piste de développement des activités de l’AFIJ en lien avec les priorités des politiques publiques et concentre ses propositions sur de nouvelles économies à faire réaliser au budget de l’Etat sur le dos des jeunes en insertion professionnelle.

Les organisations et mutuelles étudiantes estiment que la remise en cause des activités de l’AFIJ serait catastrophique pour les dizaines de milliers d’étudiants qui bénéficient chaque année des activités et du réseau de recruteurs de l’association. De plus, le rapport semble oublier que l’AFIJ constitue aujourd’hui le seul espace permettant aux organisations et mutuelles étudiantes d’être des acteurs des politiques en faveur d’emploi des jeunes.

L’AFIJ n’est pas une structure comme les autres, tant  son action se trouve au cœur des objectifs des politiques publiques. Elle a été créée à l’initiative des pouvoirs publics qui ont souhaité répondre aux problématiques spécifiques des jeunes issus de l’enseignement supérieur. Cette volonté ayant trouvé un écho chez l’ensemble des organisations étudiantes représentatives ainsi que des mutuelles étudiantes et a abouti à la création d’un outil unique et pertinent.

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Alors que le chômage des jeunes, et notamment des jeunes issus de l’enseignement supérieur est en constante augmentation, l’ensemble des organisations et mutuelles étudiantes réaffirme son attachement à cette association et demande au gouvernement de se saisir au plus vite de la situation pour permettre à l’AFIJ de pouvoir continuer à exister avec un appui financier stable et pérenne de la part de l’état pour mener ses missions partagées en lien avec les pouvoirs publics.