Déclassement : une étude du CEREQ conclut que 6 jeunes diplômés sur 10 occupent un autre emploi que celui pour lequel ils ont été formés.

L’AFIJ mesure, à l’occasion de ses enquêtes concernant l’insertion professionnelle des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur à 6 mois (avril) et à un an (septembre) la satisfaction des jeunes par rapport à l’emploi occupé (pour ceux en emploi à la date de l’enquête). L’AFIJ mesure donc un « déclassement subjectif » correspondant au vécu des individus par opposition au « déclassement objectif », mesuré à partir des niveaux de diplôme et d’emploi occupé, et établi selon une « norme » de correspondance de type : diplôme BTS = emploi de technicien. Les deux types de déclassement ne coïncident pas nécessairement.

Le « déclassement objectif » reste une notion relative dans la mesure où il n’existe pas de correspondance générale entre diplômes et fonctions, en dehors de la reconnaissance de certains diplômes par certaines Conventions Collectives Nationales de branches. Par exemple, le diplôme de Licence ne figure que dans très peu de Conventions Collectives Nationales depuis la mise en place du système LMD. La correspondance à la base de la notion de « déclassement objectif » est elle-même en partie assez subjective…

Le CEREQ analyse dans ses enquêtes « génération » la qualité de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés trois ans après l’obtention de leur dernier diplôme. La dernière information obtenue concerne des sortants de 2007, observée en 2010, c’est-à-dire il y a près de 6 ans et surtout avant la période de crise qui s’est ouverte en 2008.

Une étude du CEREQ[1] examine l’évolution des décalages entre le niveau de diplôme des jeunes issus de l’enseignement supérieur et la  qualification des  emplois qu’ils occupent. Pour les diplômés de l’enseignement supérieur l’étude du CEREQ concluent quesix jeunes sur dix occupent un autre emploi que celui pour lequel ils ont été formés, « alors qu’une bonne correspondance entre la formation et l’emploi est un objectif recherché par les politiques éducatives ».

Ce chiffre moyen recouvre des disparités importantes. Elle met ensuite en évidence les disparités entre filières et la non concordance entre les mesures objectives et subjectives du déclassement. Par exemple, dans les filières professionnelles courtes, le taux d’ajustement à la formation est nettement plus élevé que dans les filières de Master.

Le déclassement des jeunes diplômés reste un thème de recherche important. Les résultats de cette approche doivent nourrir tant l’information préalable des jeunes que celle des professionnels de l’orientation.

 

[1]« Le déclassement entre mythe et réalité », un article de Philippe LEMISTRE, chercheur au CEREQ et au CERTOP, publié dans « Un diplôme et après ? » un dossier d’Alternatives économiques (n°59 de janvier 2013), coécrit par le Céreq, la Dareset l’Onisep.