Les résultats de l’enquête « alternance dans le supérieur » de l’AFIJ situe la place actuelle de ces contrats dans les parcours des jeunes

L’AFIJ vient de mener une enquête nationale afin de faire un point sur l’accès aux contrats d’alternance par les jeunes issus de l’enseignement supérieur et le déroulement et la sortie des contrats[1]. Son but est de donner des indicateurs sur les processus de l’alternance dans le supérieur et les freins rencontrés. Parmi les jeunes ayant répondu à notre enquête :

  • 24% ont eu recours à un contrat d’alternance dans leur cursus,
  • 30% ont cherché un contrat sans entrer en alternance et
  • 46% n’ont jamais cherché un contrat d’alternance.

70% des jeunes post bac ont envisagé ou choisi de passer par une formation en alternance.

 

Parmi les jeunes ayant signé un contrat d’alternance, les contrats de professionnalisation (49%) et les contrats d’apprentissage (51%) font jeu égal. L’obtention du contrat vient :

  • D’un organisme de formation                         31%
  • D’une candidature spontanée                         29%
  • D’une annonce                                                   16%
  • Du réseau personnel                                         14%
  • D’un stage dans l’entreprise                              9%

Les annonces apparaissent pour les contrats d’alternances beaucoup moins importantes que pour les offres d’emploi. Les organismes de formation sont la première source de contrat mais la part des candidatures spontanées est également très significative.

L’accès des jeunes à un contrat d’alternance correspond fréquemment à une mobilité géographique mais par contre, le lieu d’exercice du poste en alternance et le lieu d’exercice de la formation en alternance sont proches.

Les secteurs économiques sont les suivants : 72% sont entrés dans le secteur privé marchand, 8% dans le secteur privé non marchand et 20% dans le secteur public ou parapublic. Les secteurs d’activité et les fonctions sont très diverses.

On note le poids du secteur de l’industrie (28%) ayant une expérience ancienne de l’alternance, du secteur de l’information et du numérique (13%), des autres activités de service (11%), des banques / assurances (8%). 60% des postes relèvent de quatre secteurs économiques.

Le taux de rupture de contrat est de 9%. Ces ruptures sont liées au salarié (46%), l’employeur (38%) ou à un commun accord (17%).

Une fois le contrat achevé : 25% des jeunes sont embauchés dans l’entreprise (5%) ou dans une autre entreprise (20%), 48% se trouvent en recherche d’emploi, 8% poursuivent des études. Le contrat d’alternance apparait comme une étape dans un processus de formation et d’entrée dans la vie active.

30% des jeunes ont cherché un contrat d’alternance sans succès.

Certains n’ont pas eu de proposition de contrat d’alternance (66%) tandis que les autres ont eu des propositions de la part d’un organisme de formation : 23% ou de la part d’un employeur : 11%. Les raisons de non concrétisation de ces opportunités sont assez diverses ; notons néanmoins le cas de propositions d’organismes de formation n’ayant pas d’entreprise d’accueil … et celui des entreprises pour lesquels le recrutement avait déjà été effectué. Ces réponses font apparaitre l’importance du calendrier des recrutements sur les contrats d’alternance.

 

Les résultats de l’enquête AFIJ concernant l’alternance indiquent que 46% des jeunes, engagés dans des études supérieures n’ont jamais cherché un contrat d’alternance.Parmi eux, 64% ne se sont jamais posé la question tandis que les 36% restant ont préféré la formation initiale de manière volontaire après avoir pesé le pour et le contre.

Les principales raisons du choix d’une formation initiale évoquée par les jeunes sont les suivantes :

  • Pas d’alternance dans ma formation              44%
  • Pas de connaissance de l’alternance              14%
  • Pas envie de travailler en entreprise             14%
  • Mauvais échos sur l’alternance                       7%

Ces réponses permettent de d’identifier les freins à surmonter pour développer l’alternance dans le supérieur en levant les a priori d’une part des jeunes.

Les jeunes citent plusieurs échos négatifs, à leur avis, sur les formations en alternance. L’alternance nécessite trop de travail pour 42%, Il n’y a pas d’embauche à l’issu des contrats (25%), il n’y a pas d’opportunité en alternance (17%) et les problèmes relationnels sont fréquents (8%).

 


[1] 1 137 réponses à l’enquête alternance (janvier – février 2013). L’échantillon comprend des jeunes en cours d’études (31%), en alternance (10%), en emploi (15%) mais aussi des jeunes en décrochage universitaire (5%) et en recherche d’emploi (40%). Ils ont moins de 21 ans pour 16%, entre 21 et 25 ans pour 58% et plus de 25 ans pour 26%. 29% sont des hommes et 71% des femmes. 23% ont un bac, 24% un bac+2, 19% une Licence, 9% un master 1 et 25% un master 2 ou plus.