L’emploi associatif dans Potentiel, la publication de l’AFIJ pour les recruteurs des jeunes diplômé(e)s

Pour clôturer le mois de l’Économie Sociale et Solidaire, l’AFIJ a publié un numéro spécial de « Potentiel, la lettre emploi des recruteurs de jeunes diplômé(e)s« . Dans son édito, Daniel Lamar, directeur général de l’AFIJ, revient sur le cas des associations employeurs :
« Les associations mobilisent pour développer leur projet différents types d’acteurs : adhérents, donateurs, administrateurs s’impliquant bénévolement dans sa gestion, bénévoles ayant une activité sans être rémunérés, volontaires du service civique, salariés et bénéficiaires qui ne sont pas toujours des adhérents ! En outre, toutes les associations ne sont pas employeurs. Sur le plan du travail, une association employeur a un statut privé identique à celui d’une entreprise. Elle est
soumise à toutes les règles d’une entreprise, à l’exception de l’assujettissement à la TVA qui dépend des activités de l’association. Le mode de recrutement pratiqué par les employeurs associatifs est donc, a priori, identique à celui d’une entreprise classique… Dans la pratique, la réalité est souvent toute autre.
Les associations perçoivent des recettes diverses : cotisations, subventions, dons, vente de services, etc, dont le caractère est souvent peu pérenne. La conjoncture actuelle marquée par la réduction constante des dépenses publiques et la baisse du pouvoir d’achat réel n’est guère favorable au secteur associatif. Les associations se voient assez régulièrement proposer le recours à des embauches en contrats aidés. Pour une part d’entre elles, cela rentre dans leur objet social même, comme dans le cas des associations d’insertion par l’économique ou des Centres d’Aide au Travail. Mais, pour des associations ayant des activités précises, leur objet n’est pas d’employer des profils en difficulté ou rupture sociale, tâche qui demande un accompagnement et un suivi particulier. Le choix des bénéficiaires de ces contrats ne correspond souvent même pas aux besoins des associations (niveau de formation), d’autant que les conditions (contrats courts à temps partiel) ne sont pas forcément adaptées aux activités. Les contrats aidés en secteur non marchand, s’ils doivent exister, ne devraient pas être conçus simplement dans la seule intention de la mise en activité de publics très éloignés du marché de l’emploi, mais également comme un outil de fonctionnement ou de développement des associations. Une conception des emplois aidés comme soutien au secteur associatif reste d’actualité dans la mesure où, de manière explicite, elle viendrait
apporter dans une certaine mesure un « financement de fonctionnement » pour faire face à la disparition de ceux-ci durant la dernière décennie (en application de la LOLF et de ses conséquences).
Du comptable au webmaster, le secteur associatif propose une multitude d’emplois. Les employeurs associatifs assurent une fonction Ressources Humaines que ce soit au niveau de son Président, de son Directeur ou d’une personne en charge du personnel… Des travers de recrutement perdurent parfois : le recrutement dans l’environnement même de l’association (adhérents, bénéficiaires, voire administrateurs) peut se produire ! L’importance du marché caché est significative.

L’AFIJ agit en faveur de la diversification des recrutements (comme dans les autres secteurs) et met en relation des étudiants et jeunes diplômés et des « recruteurs » des associations employeurs. La prévention des discriminations est là comme ailleurs un véritable enjeu. L’accueil de stagiaires et de jeunes en contrat d’alternance reste également à développer dans les associations… Les associations jouissent d’une sympathie de principe pour une grande part des jeunes, mais ceux-ci n’ont généralement pas une vision précise des débouchés possibles dans ce secteur. Près de 10% des offres d’emploi destinées à des jeunes diplômés débutants, collectées par l’AFIJ, sont émises par des associations.C’est un indicateur de l’importance de ce secteur sur le marché du travail. Cette situation est amenée à évoluer dans le contexte que nous connaissons. La priorité politique donnée à l’emploi semble imposer de prendre toutes les précautions utiles pour ne pas pénaliser les associations dans les mois qui viennent, par des réductions drastiques des crédits d’intervention de la part de l’Etat et des collectivités locales ».